Vermifuge pour chiot : quand et à quelle fréquence ?

Vermifuge pour chiot : quand et à quelle fréquence ?

Le vermifuge pour chiot fait partie des soins à prévoir dès les premières semaines de vie. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, un chiot qui ne sort pas encore, vit dans une maison propre et semble parfaitement en bonne santé peut tout de même avoir des vers.

Certains parasites peuvent en effet être transmis par la mère avant même la naissance ou pendant l’allaitement. D’autres sont présents dans l’environnement et leurs œufs peuvent y survivre très longtemps.

Alors, à quel âge donner le premier vermifuge à un chiot ? À quelle fréquence faut-il renouveler le traitement ? Et faut-il continuer une fois qu’il devient adulte ? Voici les principaux repères pour comprendre la vermifugation du chiot sans transformer le calendrier en règle automatique : le protocole doit toujours être adapté à son âge, à son poids et surtout à son niveau d’exposition aux parasites.

Pourquoi vermifuger un chiot ?

Les vers digestifs sont particulièrement fréquents chez les jeunes chiens.

Parmi eux, les ascarides, notamment Toxocara canis, occupent une place importante. Une chienne infestée peut transmettre des larves à ses chiots pendant la gestation. La contamination peut également se poursuivre pendant l’allaitement.

Un chiot peut donc héberger des parasites avant même d’avoir effectué sa première promenade.

À cela s’ajoute la contamination par l’environnement. Les œufs de certains vers éliminés dans les selles sont extrêmement résistants et peuvent persister longtemps dans le sol.

Chez un chien adulte, certaines infestations passent relativement inaperçues. Chez un jeune chiot, une charge parasitaire importante peut avoir des conséquences beaucoup plus sérieuses sur sa santé et son développement.

À quel âge donner le premier vermifuge à un chiot ?

Les recommandations d’ESCCAP prévoient de commencer très tôt.

Chez un chiot né à la maison, le premier traitement contre les ascarides est généralement recommandé dès l’âge de 2 semaines.

Le traitement est ensuite renouvelé régulièrement pendant les premières semaines.

ESCCAP France propose aux propriétaires un calendrier simple : vermifugation à 2, 4, 6 et 8 semaines, puis une fois par mois jusqu’à l’âge de 6 mois.

Les recommandations européennes précisent également que le traitement contre les ascarides peut être poursuivi toutes les deux semaines jusqu’à deux semaines après le sevrage, puis mensuellement jusqu’à six mois lorsque le risque d’infestation persiste.

Votre vétérinaire pourra adapter ce calendrier au chiot et au produit utilisé.

Calendrier de vermifugation du chiot

Voici donc un repère pratique :

Âge du chiotVermifugation
2 semainesPremière vermifugation contre les ascarides
4 semainesNouveau traitement
6 semainesNouveau traitement
8 semainesNouveau traitement
Après le sevrageLe calendrier peut être adapté pour couvrir également les semaines suivant le sevrage
Jusqu’à 6 moisGénéralement une fois par mois lorsque le risque le justifie
Après 6 moisFréquence déterminée selon le mode de vie et le risque parasitaire

Ce tableau donne des repères généraux. Il ne remplace pas le protocole recommandé par votre vétérinaire.

Et si j’adopte un chiot à 2 ou 3 mois ?

Lorsque vous accueillez votre chiot, commencez par regarder son carnet de santé ou les documents remis par l’éleveur ou l’association.

Les vermifugations déjà effectuées doivent normalement y être indiquées.

ESCCAP France recommande, pour un chiot adopté, de le vermifuger dès son arrivée à la maison puis tous les mois jusqu’à l’âge de six mois.

Mais plutôt que d’administrer automatiquement un produit sans connaître son historique, montrez ses documents à votre vétérinaire lors de la première consultation. Il pourra vérifier ce qui a déjà été donné et établir la suite du protocole.

Quels sont les principaux vers chez le chiot ?

Tous les « vers » ne sont pas identiques et tous les vermifuges n’agissent pas sur les mêmes parasites.

Les ascarides

Les ascarides sont particulièrement importants chez les chiots.

Toxocara canis peut être transmis par la mère pendant la gestation et l’allaitement. Une infestation importante peut notamment provoquer des troubles digestifs, un mauvais développement et un ventre gonflé.

Les ankylostomes

Ces petits vers vivent dans l’intestin et se nourrissent notamment de sang.

Selon l’espèce et l’importance de l’infestation, ils peuvent provoquer des troubles digestifs et une anémie, particulièrement préoccupante chez les jeunes animaux.

Les ténias

Les ténias sont des vers plats.

L’un des plus connus chez le chien est Dipylidium caninum. Sa transmission est liée aux puces : le chien se contamine en avalant une puce infestée, souvent lorsqu’il se toilette.

Voilà pourquoi la lutte contre certains vers passe également par une bonne prévention contre les parasites externes.

D’autres ténias existent et leur risque dépend notamment du mode de vie et de l’alimentation du chien.

Comment savoir si un chiot a des vers ?

Parfois, on peut observer des signes assez évocateurs :

  • ventre gonflé ;
  • diarrhée ou selles anormales ;
  • vomissements ;
  • croissance insuffisante ;
  • poil terne ;
  • baisse de forme ;
  • présence de vers ou de segments visibles dans les selles.

Mais l’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de parasites.

Un chiot peut être infesté sans que son propriétaire ne remarque quoi que ce soit.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la prévention et, lorsque cela est pertinent, l’analyse des selles ont leur importance.

Peut-on voir les vers dans les selles ?

Certains parasites ou fragments de parasites peuvent effectivement être visibles à l’œil nu.

Mais beaucoup d’infestations ne peuvent pas être détectées simplement en regardant les selles.

Les œufs de nombreux parasites sont microscopiques.

Le vétérinaire peut donc proposer une coproscopie, c’est-à-dire un examen des selles permettant de rechercher certains parasites ou leurs œufs.

Cette analyse peut être particulièrement intéressante lorsque l’on souhaite adapter les traitements au risque réel plutôt que vermifuger systématiquement sans évaluation.

Quel vermifuge choisir pour un chiot ?

C’est probablement le point où il faut éviter le plus possible le réflexe « je prends le même que pour mon autre chien ».

Un vermifuge est un médicament.

Tous les produits ne ciblent pas les mêmes parasites, tous ne sont pas adaptés aux très jeunes chiots et leur utilisation dépend notamment du poids de l’animal.

Le choix doit prendre en compte :

  • l’âge du chiot ;
  • son poids ;
  • les parasites ciblés ;
  • son mode de vie ;
  • son environnement ;
  • son état de santé ;
  • les autres traitements éventuellement administrés.

Demandez donc à votre vétérinaire quel produit utiliser et respectez précisément la dose correspondant au poids de votre chiot.

Faut-il peser le chiot avant de le vermifuger ?

Oui, c’est une bonne habitude.

Les chiots grandissent rapidement et leur poids peut changer considérablement en quelques semaines.

Or de nombreux antiparasitaires sont dosés en fonction du poids.

Ne réutilisez donc pas automatiquement la dose administrée lors du traitement précédent.

Si vous avez un doute sur le poids ou le dosage, demandez conseil à votre vétérinaire ou à votre pharmacien selon le médicament concerné.

Vermifuge et vaccin : peut-on les donner en même temps ?

Il n’existe pas une règle universelle imposant le même intervalle entre vermifugation et vaccination pour tous les chiots et tous les médicaments.

Le calendrier dépend du produit utilisé, de l’état de santé du chiot et du protocole prévu par le vétérinaire.

Lors de la première consultation, apportez simplement toutes les informations dont vous disposez : dates des précédentes vaccinations, vermifugations et produits administrés.

Votre vétérinaire pourra alors organiser correctement les deux calendriers.

Vous pouvez également consulter notre article Vaccination du chiot : calendrier complet pour comprendre les différentes étapes de la primo-vaccination.

Faut-il vermifuger tous les chiens de la maison ?

La présence de plusieurs animaux peut modifier le risque parasitaire.

Si vous accueillez un chiot dans un foyer où vivent déjà d’autres chiens, parlez-en à votre vétérinaire afin d’établir une stratégie cohérente pour l’ensemble des animaux.

ESCCAP France recommande notamment de penser aux autres chiens du foyer lors de l’arrivée d’un chiot.

Dans une portée née à la maison, la mère doit également faire l’objet d’un protocole adapté en parallèle de ses petits.

Les vers du chiot peuvent-ils contaminer l’être humain ?

Certains parasites du chien sont zoonotiques, c’est-à-dire qu’ils peuvent également présenter un risque pour l’être humain.

C’est notamment le cas de Toxocara canis.

Les enfants sont particulièrement concernés, notamment parce qu’ils jouent au sol, portent plus facilement leurs mains à la bouche et peuvent être exposés à de la terre contaminée.

La prévention ne repose cependant pas uniquement sur le vermifuge.

Ramasser rapidement les selles du chien, se laver les mains après avoir manipulé des déjections ou de la terre, entretenir les espaces fréquentés par les animaux et apprendre aux enfants les règles d’hygiène sont tout aussi importants.

Après 6 mois, à quelle fréquence faut-il vermifuger un chien ?

C’est ici que les recommandations deviennent beaucoup plus individualisées.

Le fameux conseil « quatre fois par an pour tous les chiens » constitue un repère fréquemment utilisé, mais il ne doit pas être considéré comme une règle universelle adaptée à chaque animal.

Un chien qui chasse, mange des proies, consomme de la viande crue, fréquente régulièrement des congénères ou vit avec de jeunes enfants n’a pas forcément le même niveau de risque qu’un autre chien.

Les recommandations européennes actuelles proposent donc d’évaluer le risque individuellement. Selon la situation, la fréquence de traitement contre certains vers peut aller de quelques traitements annuels à une prise en charge beaucoup plus fréquente. Des examens réguliers des selles peuvent également constituer une alternative dans certaines situations.

Le protocole évoluera donc avec la vie de votre chien.

Un vermifuge protège-t-il pendant plusieurs mois ?

C’est une confusion fréquente avec les traitements préventifs contre certains parasites externes.

Un vermifuge administré ponctuellement élimine les parasites sensibles au médicament présents au moment où celui-ci agit, mais n’empêche pas nécessairement une nouvelle infestation dans les semaines suivantes.

Un chien peut donc être traité correctement puis se recontaminer.

C’est précisément pour cette raison que la fréquence de vermifugation est déterminée en fonction du risque d’exposition.

Le vermifuge ne remplace pas les mesures d’hygiène

Donner régulièrement un antiparasitaire ne suffit pas à lui seul à contrôler la contamination de l’environnement.

Ramassez les selles de votre chien rapidement, y compris dans votre propre jardin.

Maintenez également une bonne prévention contre les puces, puisqu’elles interviennent dans le cycle de certains ténias.

Et évitez autant que possible que votre chien mange des carcasses, des déjections ou des proies lors des promenades.

Ces habitudes simples contribuent à réduire le risque de réinfestation.

Peut-on vermifuger trop souvent ?

Les antiparasitaires sont des médicaments et ne devraient pas être administrés sans raison ni sans respecter leurs conditions d’utilisation.

Les recommandations modernes tendent d’ailleurs de plus en plus vers une approche basée sur l’évaluation individuelle du risque parasitaire.

ESCCAP France souligne également l’intérêt de la coproscopie dans certaines situations afin d’éviter un usage inutile de vermifuges.

L’objectif n’est donc ni de traiter le moins possible ni de traiter « au cas où » le plus souvent possible.

Il s’agit d’utiliser le bon produit, contre le bon parasite, au bon moment.

Conclusion

Alors, quand donner un vermifuge à un chiot et à quelle fréquence ?

La prévention commence très tôt. Chez les chiots, un premier traitement contre les ascarides est généralement recommandé dès l’âge de 2 semaines, puis toutes les deux semaines pendant les premières semaines de vie. ESCCAP France propose comme repères 2, 4, 6 et 8 semaines, puis une vermifugation mensuelle jusqu’à l’âge de 6 mois.

Après six mois, le calendrier ne devrait plus être décidé uniquement en fonction de l’âge. Le mode de vie, l’alimentation, l’accès à l’extérieur, les contacts avec d’autres animaux et les personnes vivant dans le foyer permettent d’évaluer le risque réel.

Et surtout, ne choisissez pas un vermifuge uniquement parce qu’il est indiqué « pour chien » sur la boîte. Tous les produits ne ciblent pas les mêmes parasites et tous ne conviennent pas à un jeune chiot.

Votre vétérinaire pourra établir un protocole adapté à votre compagnon et le faire évoluer au fur et à mesure qu’il grandit.

Sources :

  • ESCCAP France – À partir de quel âge vermifuger un chiot ?
  • ESCCAP France – Guide de vermifugation individuelle
  • ESCCAP Europe – Worm Control Guidelines

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