La vaccination du chiot fait partie des premières questions de santé à prévoir après son arrivée dans sa nouvelle famille. Entre la première injection, les rappels, les différents vaccins et les recommandations qui peuvent varier selon le mode de vie du chien, il n’est pourtant pas toujours facile de comprendre le calendrier vaccinal.
À quel âge commencer ? Pourquoi plusieurs injections sont-elles nécessaires ? Contre quelles maladies protège-t-on réellement un chiot ? Et quand peut-il être considéré comme suffisamment protégé ?
Voici les principaux repères pour mieux comprendre la vaccination de votre chiot. Le calendrier exact doit cependant toujours être établi avec votre vétérinaire : il dépend de son âge, des vaccins déjà reçus, de son état de santé, de son environnement et des risques auxquels il sera exposé.
Pourquoi vacciner un chiot ?
À sa naissance, le chiot bénéficie d’une protection transmise par sa mère, principalement grâce aux anticorps reçus via le colostrum lorsqu’il tète correctement pendant ses premières heures de vie.
Cette protection est précieuse, mais elle est temporaire.
Les anticorps maternels diminuent progressivement au cours des premières semaines. Le problème est que cette diminution ne se produit pas exactement au même âge chez tous les chiots.
Pendant un certain temps, les anticorps maternels peuvent encore être suffisamment présents pour interférer avec certains vaccins, sans pour autant assurer eux-mêmes une protection suffisante contre la maladie.
C’est l’une des principales raisons pour lesquelles la primo-vaccination du chiot comprend plusieurs injections.
Il ne s’agit donc pas simplement de « faire un rappel » parce que la première injection ne serait pas assez forte. Les vaccinations successives permettent notamment d’augmenter les chances que le système immunitaire du chiot réponde correctement lorsque les anticorps maternels ne bloquent plus la vaccination.
À quel âge commence la vaccination d’un chiot ?
Selon les recommandations internationales de la WSAVA, la vaccination contre les principales maladies infectieuses canines peut commencer vers 6 à 8 semaines.
Les injections contre les maladies considérées comme essentielles sont ensuite répétées, généralement toutes les 2 à 4 semaines, jusqu’à l’âge de 16 semaines ou plus.
La vaccination réalisée à 16 semaines ou au-delà est particulièrement importante, car chez la grande majorité des chiots, le taux d’anticorps maternels a alors suffisamment diminué pour permettre une bonne réponse vaccinale.
Le protocole réellement utilisé par votre vétérinaire peut cependant varier selon le vaccin disponible et la situation individuelle de votre chien.
Calendrier de vaccination du chiot : les principaux repères
Voici un calendrier indicatif permettant de comprendre la logique de la primo-vaccination.
| Âge du chiot | Vaccination / étape possible |
|---|---|
| 6 à 8 semaines | Début possible de la vaccination contre les maladies essentielles |
| 8 à 12 semaines | Poursuite de la primo-vaccination selon le protocole vétérinaire |
| 12 à 16 semaines | Nouvelles injections selon les vaccins utilisés ; vaccination antirabique possible à partir de 12 semaines |
| 16 semaines ou plus | Injection importante de la série initiale contre les maladies essentielles |
| À partir de 26 semaines | La WSAVA recommande une vaccination supplémentaire contre les maladies essentielles dans les protocoles concernés |
| À l’âge adulte | Rappels selon le vaccin, la maladie concernée, le mode de vie et les recommandations du vétérinaire |
Ce tableau donne des repères et ne constitue pas une ordonnance vaccinale. Le carnet de santé de votre chiot et les recommandations de votre vétérinaire restent la référence.
Quels sont les vaccins essentiels pour un chiot ?
La WSAVA distingue les vaccins essentiels, appelés core vaccines, des vaccins dont l’utilisation dépend davantage de la région et du mode de vie du chien.
Pour les chiens, les vaccins essentiels au niveau mondial protègent notamment contre trois maladies particulièrement graves.
La maladie de Carré
La maladie de Carré est une maladie virale contagieuse pouvant atteindre plusieurs systèmes de l’organisme, notamment les appareils respiratoire et digestif ainsi que le système nerveux.
Elle peut être très grave, voire mortelle.
L’hépatite infectieuse canine
Elle est provoquée par l’adénovirus canin de type 1 et peut notamment toucher le foie.
La vaccination contre cette maladie repose généralement sur un vaccin utilisant l’adénovirus canin de type 2, qui apporte également une protection croisée contre le type 1.
La parvovirose
La parvovirose est particulièrement redoutée chez les jeunes chiens.
Elle provoque notamment des troubles digestifs sévères, avec vomissements et diarrhées, et peut entraîner une déshydratation importante.
Le parvovirus est également très résistant dans l’environnement, ce qui explique une partie des précautions recommandées avec les chiots insuffisamment protégés.
Et la leptospirose ?
La leptospirose est une maladie bactérienne qui peut provoquer des atteintes graves, notamment rénales et hépatiques. Il s’agit également d’une zoonose, c’est-à-dire qu’elle peut être transmise entre les animaux et l’être humain dans certaines circonstances.
Le risque dépend de l’environnement et de la région.
La WSAVA considère que dans les zones où la leptospirose canine est endémique et où des vaccins appropriés sont disponibles, la vaccination de tous les chiens contre cette maladie est fortement recommandée.
Votre vétérinaire évaluera donc le risque auquel votre chiot est exposé et vous proposera le protocole approprié.
Et le vaccin contre la rage ?
La situation est différente, car la vaccination antirabique répond également à des règles administratives.
En France, tous les chiens vivant sur le territoire ne sont pas systématiquement soumis à une obligation générale de vaccination contre la rage. Elle devient cependant indispensable dans certaines situations, notamment pour voyager avec son animal.
Pour qu’une première vaccination antirabique soit reconnue dans le cadre d’un voyage, le chien doit notamment être identifié et avoir l’âge minimum requis.
La première vaccination contre la rage peut être réalisée à partir de 12 semaines.
Pour un premier vaccin antirabique utilisé dans le cadre d’un déplacement, il faut ensuite respecter le délai réglementaire avant qu’il soit considéré comme valide pour voyager. Dans l’Union européenne, ce délai est généralement de 21 jours après la primo-vaccination.
Un chiot ne peut donc normalement pas voyager dans les conditions ordinaires immédiatement après sa première injection contre la rage.
Si vous prévoyez un voyage à l’étranger, renseignez-vous suffisamment tôt : certains pays appliquent des conditions supplémentaires.
Pourquoi trouve-t-on parfois des calendriers différents ?
Vous avez peut-être déjà vu des calendriers indiquant simplement :
8 semaines → 12 semaines → rappel à un an.
Et ailleurs, vous trouverez quatre injections ou des âges différents.
Cela ne signifie pas nécessairement que l’un des calendriers est faux.
Le protocole dépend notamment :
- de l’âge auquel la vaccination commence ;
- du vaccin utilisé ;
- de l’intervalle entre les injections ;
- du risque infectieux ;
- de l’environnement du chien ;
- de son mode de vie ;
- des recommandations scientifiques et réglementaires applicables.
Les recommandations évoluent également avec les connaissances scientifiques.
Les directives WSAVA les plus récentes insistent ainsi sur l’importance d’une dernière vaccination de la série initiale contre les principales maladies virales à 16 semaines ou plus, puis recommandent une vaccination supplémentaire à partir de 26 semaines, plutôt que d’attendre systématiquement le traditionnel rappel vers un an pour cette étape.
Voilà pourquoi le calendrier personnel établi par votre vétérinaire est beaucoup plus important qu’un planning trouvé sur Internet.
Mon chiot est-il protégé dès sa première injection ?
Pas nécessairement.
C’est une erreur assez fréquente.
Comme nous l’avons vu, les anticorps transmis par la mère peuvent empêcher le système immunitaire de répondre correctement à certaines vaccinations réalisées très tôt.
C’est précisément pour réduire cette période d’incertitude que plusieurs injections sont programmées.
Après une vaccination, la réponse immunitaire demande également du temps.
Ne considérez donc pas automatiquement votre chiot comme totalement protégé dès qu’il a reçu sa première injection.
Peut-on sortir un chiot avant la fin de ses vaccins ?
Cette question crée souvent beaucoup d’inquiétude chez les nouveaux propriétaires.
D’un côté, le jeune chiot doit être protégé contre les maladies infectieuses. De l’autre, les premières semaines de vie représentent une période particulièrement importante pour sa socialisation.
Le maintenir totalement isolé jusqu’à la fin de son protocole vaccinal n’est donc pas forcément la meilleure solution.
Il est possible de lui faire découvrir progressivement son environnement tout en limitant les situations présentant un risque infectieux important.
Le niveau de risque varie cependant selon l’endroit où vous vivez. Demandez à votre vétérinaire quels lieux sont adaptés avant que la primo-vaccination soit suffisamment avancée.
Nous expliquons ce sujet plus précisément dans notre article À quel âge sortir un chiot pour la première fois ?
Quelles précautions prendre pendant la primo-vaccination ?
Avant que votre vétérinaire considère la protection de votre chiot comme suffisante, soyez prudent avec les environnements très fréquentés par des chiens dont vous ne connaissez pas l’état sanitaire.
Les parcs canins, par exemple, ne constituent généralement pas le meilleur endroit pour les premières découvertes.
Cela ne signifie pas que votre chiot doit vivre enfermé.
Il peut observer la rue depuis vos bras, rencontrer dans des conditions contrôlées des chiens connus, sains et correctement vaccinés, découvrir différents bruits et environnements ou participer à des activités adaptées lorsque les conditions sanitaires sont maîtrisées.
L’objectif est de trouver un équilibre raisonnable entre prévention des maladies et socialisation précoce.
Quels vaccins peuvent être proposés selon le mode de vie ?
Tous les chiens ne sont pas exposés aux mêmes risques.
Un chien vivant en ville, un chien de chasse, un chien voyageant régulièrement à l’étranger et un chien fréquentant souvent des pensions ou des rassemblements canins n’ont pas exactement le même environnement.
Selon les circonstances, votre vétérinaire peut donc discuter avec vous d’autres vaccinations, par exemple contre certains agents responsables de maladies respiratoires infectieuses canines ou contre la leishmaniose dans les zones où cette maladie représente un risque.
Ces vaccins ne remplacent pas les vaccins essentiels.
Ils viennent compléter la protection lorsqu’elle est pertinente pour le chien concerné.
Les vaccins doivent-ils être renouvelés tous les ans ?
Pas nécessairement tous, et pas nécessairement selon le même rythme.
La durée de protection dépend du vaccin et de la maladie concernée.
Pour certains vaccins essentiels contre les maladies virales, les recommandations internationales prévoient, après une primo-vaccination correctement réalisée et les étapes suivantes recommandées, des intervalles qui peuvent être nettement supérieurs à un an.
D’autres vaccinations nécessitent des rappels plus rapprochés.
Le rendez-vous vétérinaire annuel reste néanmoins important : il permet de contrôler l’état général du chien et de déterminer quels rappels sont réellement nécessaires selon son historique et son mode de vie.
Vaccination annuelle ne signifie donc pas nécessairement injection de tous les vaccins chaque année.
Quels effets secondaires peut-on observer après un vaccin ?
Comme après toute vaccination, certains chiots peuvent présenter des réactions légères et transitoires.
Ils peuvent par exemple être un peu plus fatigués que d’habitude, avoir moins envie de jouer ou présenter une sensibilité au niveau du site d’injection.
Ces réactions sont généralement de courte durée.
En revanche, si votre chiot présente une réaction importante, un gonflement du visage, des difficultés respiratoires, un malaise, des vomissements répétés ou tout autre symptôme qui vous inquiète après une vaccination, contactez rapidement votre vétérinaire.
Et si votre chiot a déjà présenté une réaction à un vaccin, signalez-le systématiquement avant une nouvelle injection.
N’oubliez pas son carnet de santé
Conservez soigneusement les informations relatives à chaque vaccination.
Le vétérinaire y indique notamment les vaccins administrés et leurs dates.
Ces informations permettent de suivre correctement le protocole et deviennent particulièrement importantes lorsque votre chien change de vétérinaire, entre en pension ou doit voyager.
Pour les déplacements internationaux au sein de l’Union européenne, le passeport européen de l’animal permet notamment de justifier une vaccination antirabique valide.
Conclusion
Le calendrier de vaccination du chiot ne se résume pas à une succession de dates identiques pour tous les chiens.
La vaccination commence généralement dès les premières semaines de vie et plusieurs injections sont nécessaires parce que les anticorps maternels peuvent temporairement interférer avec la réponse vaccinale. Les recommandations internationales actuelles accordent une importance particulière à la vaccination réalisée à 16 semaines ou plus et à une étape supplémentaire à partir de 26 semaines.
D’autres vaccins peuvent ensuite être recommandés selon le lieu où vit votre chien, ses activités et ses déplacements.
Plutôt que de chercher à reproduire exactement le calendrier du chiot de votre voisin, apportez le carnet de santé de votre compagnon lors de sa première consultation. Votre vétérinaire pourra vérifier ce qui a déjà été fait et construire un protocole adapté à sa situation.
Sources :
WSAVA – 2024 Guidelines for the Vaccination of Dogs and Cats
Service-Public.fr – Voyager à l’étranger avec son animal de compagnie